Covid 19: concilier performance et qualité de vie.

Kandu a reçu le trophée de l’innovation dans la catégorie « Technologie » pour son Kandumètre – un appareil de mesure permettant d’évaluer la qualité des environnements de travail, lors de l’édition 2019 du salon Workspace expo de Paris. Kandu est une start-up française spécialiste de l’amélioration du confort des espaces intérieurs. Créée en 2017 par Saint-Gobain, elle est basée à Paris. Kandu emploie 12 personnes. Kandu annonce ce 11 juin 2020 les résultats de son étude:

« Quels impacts a le COVID-19 sur l’ organisation du travail et l’aménagement des espaces des entreprises ? ».

Avec une étude de terrain à la fois qualitative et quantitative, menée auprès de décisionnaires et de salariés d’entreprises, Kandu a cherché à comprendre comment les salariés ont vécu le télétravail en confinement, quelles initiatives ont été mises en œuvre par les entreprises pour assurer la QVTT (qualité de vie en télétravail), et quelles perspectives d’évolution peuvent être envisagées pour le télétravail et l’aménagement des locaux des entreprises à l’avenir.

Les salariés sont largement favorables au télétravail

Tous les salariés interrogés dans le cadre de l’étude  de Kandu avaient une activité réalisable en télétravail. 81,1 % d’entre eux en avaient déjà fait avant le confinement, que ce soit de manière exceptionnelle, occasionnelle ou régulière. Suite à la période de confinement, 89,2 % des salariés aimeraient pouvoir faire davantage de télétravail, régulièrement (45,9 %) ou occasionnellement (43,2 %). Seuls 2,7 % des salariés déclarent ne pas aimer le télétravail dans l’absolu. Parmi ceux qui n’avaient jamais fait de télétravail auparavant, tous l’ont très bien ou plutôt bien vécu en confinement. Pour près de 6 de ces salariés sur 10 (57,1 %), le confinement a d’ailleurs modifié leur perception du télétravail en positif. Tous aimeraient continuer à faire du télétravail régulièrement ou occasionnellement quand tout reviendra à la normale.

Des initiatives sont attendues pour favoriser le télétravail

Côté décideurs, à peine plus d’une entreprise sur deux (54,1 %) déclare que des indicateurs ont été mis en place pour suivre le bien-être des collaborateurs en télétravail. Les trois premiers critères concernent le vécu et le ressenti des salariés:

  • le suivi des missions,
  • la gestion du temps,
  • la mise en place et le bon fonctionnement des outils de télétravail, suivis à égalité par 35,1 % de ces entreprises.
  • le confort physique et l’aménagement du bureau à la maison n’arrivent, quant à eux,
    qu’à la quatrième place des critères suivis par les entreprises, avec 29,7 % des réponses.

L’étude montre que les logements des salariés ne se prêtaient pas forcément à la pratique du télétravail. Ainsi, près d’un salarié sur deux (47,9 %) déclare que son bureau à domicile n’est pas du tout (18,9 %) ou pas vraiment (27 %) confortable, ou encore 62,2 % que leur chaise de bureau n’est pas du tout (40,5 %) ou pas vraiment (21,6 %) adaptée au télétravail. Le confort est ainsi considéré comme « bien meilleur au bureau », les espaces dédiés au télétravail à la “maison” ne réussissant pas toujours à « s’adapter au rythme de la famille ». Le développement du télétravail pose ainsi la question de l’amélioration de la QVTT (qualité de vie en télétravail). Des négociations d’un genre nouveau devraient émerger entre employeurs et employés. Il s’agira de définir comment l’entreprise va accompagner les salariés, notamment financièrement, dans l’aménagement de leurs espaces pour assurer leur confort et leur bien-être en télétravail. Certaines d’entre elles parlent déjà de « subventions à décider » ou de « participation financière à l’équipement ».

Retour progressif au bureau les préoccupations au-delà des gestes barrières

Le développement du télétravail ne signifie pas pour autant la disparition totale du bureau. La question du retour des salariés se pose, que la plupart des entreprises envisagent pour la plupart en septembre 2020, d’autres – moins nombreuses – attendront 2021. Au moment des entretiens, toutes les entreprises interrogées déclaraient ainsi conserver des mesures de télétravail pour une grande partie de leurs salariés, avec une proportion de retours au bureau variant de 0 % à 30 % environ des effectifs. Avec seulement 35,1 % de salariés qui se déclarent sereins quant à leur retour au bureau, l’urgence est de les rassurer sur leur sécurité. Or, moins d’un tiers des décideurs interrogés (31,6 %) affirme n’éprouver aucune difficulté pour adapter les espaces de travail à la situation sanitaire et 36,8 % craignent même de ne pouvoir appliquer correctement les mesures de distanciation requises.

Sécuriser, communiquer rassurer.

Aux gestes barrières,  s’ajoute la notion de pilotage de l’occupation de l’espace. Les entreprises ont ainsi mis en place une logique de rotation des équipes et de déconfinement progressif par vagues. Les collaborateurs retournent au bureau soit sur la base du volontariat, soit pour répondre aux besoins des équipes, métiers ou types d’activité. 7 salariés sur 10 (70,3 %) déclarent qu’ils aimeraient que la situation soit l’occasion de changements dans l’organisation des espaces de travail.

Or, seule une entreprise sur 10 (10,5 %) a prévu de profiter de la période, pour effectuer certains aménagements. ou travaux plus importants. Et bien qu’au cœur des problématiques liées au COVID-19, moins d’un quart des décideurs interrogés (23,7 %) déclare que leur entreprise a prévu de prendre des mesures particulières concernant la qualité de l’air intérieur des espaces de travail.

Incertitudes économiques et scientifiques

Face aux incertitudes économiques et scientifiques, l’heure n’est donc pas encore aux grands bouleversements. Mais, des leçons apprises de la crise sanitaire, Kandu prévoit que deux approches particulières vont se développer à l’avenir dans les bonnes pratiques de conception de bureaux. La première concerne la qualité de l’air intérieur. Favoriser la ventilation des espaces de travail avec un maximum d’apport d’air neuf plutôt que le recyclage de l’air. La seconde s’intéressera au choix des matériaux à l’intérieur des bâtiments, dont on sait pour certains qu’ils permettent de minimiser les transmissions, voire sont virucides.

Kandu prévoit également l’émergence de labels garantissant la sécurité sanitaire des espaces de travail, visant le triple objectif de sécuriser, communiquer et, donc, rassurer. Kandu estime ainsi que l’on assistera à l’avenir à un éclatement de l’espace de travail en trois environnements : chez soi, dans un tiers lieu, dans les locaux de l’entreprise. Méthodologie de l’étude: l’étude Kandu a été réalisée sur la base de 25 entretiens téléphoniques réalisés entre le 11 mai et le 22 mai 2020 auprès d’entreprises du réseau Kandu, et d’un sondage diffusé en ligne entre le 20 mai et le 4 juin 2020, auquel 75 salariés ont répondu selon 2 parcours distincts :  “Décideurs” (38 répondants) et “Non décideurs” (37 répondants).

Source Kandu