L’Union Européenne adapte sa législation pour protéger les travailleurs

Le président exécutif de la Commission européenne Valdis Dombrovskis a présenté le cadre stratégique de l’UE sur la santé et la sécurité au travail pour la période 2021-2027 lors d’une conférence de presse tenue en juin. Pour l’UE, il s’agit de mettre à jour de ses règles sur la sécurité des travailleurs. Pour 2 raisons principales. Afin qu’elles continuent d’intégrer les nouveaux défis environnementaux et accélèrent sur la prévention des substances nocives comme l’amiante par exemple.

Mais surtout pour accompagner le passage de millions d’employés en télétravail ou en en mode hybride. Pendant la pandémie débutée en mars 2020, ce sont près de 40% des travailleurs européens qui ont été concerné par le travail à domicile. Depuis, de nombreuses entreprises ont mis en place le travail hybride, c’est-à-dire partagé entre le bureau et la maison.

Au menu, un réexamen de la sécurité sur lieu de travail, mais surtout une prise en compte des nouveaux environnements et des défis qu’ils imposent. Enfin, la Commission cherchera également à faire des recommandations sur la santé mentale au travail avant 2022. Car elle n’oublie pas que travail à la maison est souvent synonyme d’isolation sociale. Zoom sur la stratégie de l’Union Européenne pour protéger 170 millions de salariés en cette période pleine de grands chamboulements.  

La santé des travailleurs, un coût pour l’entreprise

Avant le début de la pandémie, les problèmes de santé mentale affectaient déjà 84 millions de personnes dans l’UE. Et qui dit problème de santé dit jours d’absence pour les salariés. Le stress contribuant à environ la moitié d’entre eux selon la Commission. « Les accidents du travail et les maladies professionnelles coûtent à l’économie de l’UE plus de 3,3% de son produit intérieur brut par an », déclare Valdis Dombrovskis.

Un coût avant tout supporté par les entreprises. Des estimations montreraient que pour chaque euro investi dans la santé et la sécurité au travail, le retour pour l’employeur est environ deux fois plus élevé. Car les employés prennent moins de congés de maladie. Et cela, la Commission veut que les entreprises en prennent conscience. Tout comme le dégât du temps excessif passé par les travailleurs devant les écrans. Une prévention est nécessaire et cela est l’affaire de tous.

Prévenir le stress et continuer la chasse aux environnements nocifs

La Commission a érigé 1 priorité dans sa réflexion stratégique. Combattre le stress et les problèmes mentaux que pourrait accentuer les nouveaux modes de travail. De plus, elle souligne que selon les chiffres officiels, 80% des Managers décrivent ce sujet comme préoccupant. « Pour beaucoup, le concept d’un lieu de travail traditionnel disparaît rapidement. Bien que cela offre des opportunités, cela apporte également des défis et des risques psychologiques et sociaux » déclare Valdis Dombrovskis. Avant de souligner que les risques sanitaires étaient malheureusement eux aussi toujours d’actualité.

La Commission a ainsi indiqué qu’elle souhaitait que les syndicats et les organisations d’employeurs négocient un accord sur l’amiante et les agents chimiques susceptibles de provoquer des cancers et des problèmes respiratoires. Si un accord n’est pas trouvé, l’Europe engagera alors un processus législatif à partir de 2022. De 1994 à 2018, les décès liés au travail ont diminué de 70 %, a déclaré le commissaire européen à l’emploi et aux droits sociaux, Nicolas Schmit. Mais des défis subsistent, car le cancer provoque chaque année 100 000 décès professionnels. Soit plus de la moitié de tous les morts liées au travail.

L’UE envoie un message clair. Oui, un accompagnement au télétravail est nécessaire car celui-ci comporte des risques, notamment psychologiques. Mais il ne doit pas occulter les problèmes causés par l’environnement du travailleur ou télétravailleur. Tous les sujets doivent être traités avec la même rigueur. La santé des travailleurs de l’Union Européenne est à ce prix.